Crèches : les professionnels inquiets par les nouvelles mesures du gouvernement

48,6 %
48,6% des crèches déplorent un manque de personnel auprès des enfants.

Pour faire face à la crise du personnel dans les crèches, le gouvernement a publié un arrêté permettant aux crèches de recruter des personnes sans les qualifications requises.

Une solution à la pénurie de personnel

Selon une enquête de la Caisse des Allocations familiales, 48,6% des crèches déplorent un manque de personnel auprès des enfants dont ils ont la charge. Cela fait plusieurs mois que les professionnels des crèches attendent des mesures pour rendre les conditions d’exercice du métier meilleures. Or, au lieu de cela, pour répondre à la pénurie de personnels dans les crèches, le gouvernement a publié un arrêté le 4 août 2022 qui autorise les crèches à engager du personnel non-qualifié. 

Pour le collectif « Pas de bébés à la consigne » qui est composé des syndicats et des organisations professionnelles du secteur des crèches, il fallait renouveler la liste des diplômes et certifications requises pour le métier. « Il y a un article qui autorise, dans un contexte local de pénurie de professionnels, donc autrement dit, ça peut être partout dans le pays, de déroger à la liste des diplômes et certifications requis », s'inquiète Emilie Philippe, une membre du collectif. Pour elle, ce n’est « pas du tout approprié » comme mesure.

La formation des nouvelles recrues

En plus de cet arrêté, un article spécifique inquiète Emilie Philippe. L’article 3 de l’arrêté demande un accompagnement des personnes dans l’emploi pendant 120 heures. « On va demander à des professionnels qui sont déjà en sous-effectif de devenir des formateurs et des formatrices pour des personnes qui n'y connaissent rien au développement de l'enfant », estime-t-elle sur France Info. 

Pour Jérôme Dumortier, directeur de crèche dans le Nord,  « le message envoyé à la société, c'est une catastrophe ». « Travailler avec des jeunes enfants, ça s'apprend. Ça ne peut pas être donné à n'importe qui. S'il y a des formations, c'est bien qu'il y a une raison », juge-t-il. Ainsi, comme beaucoup d’autres directeurs de crèches, il va refuser d’embaucher des personnes qui ne sont pas qualifiées dans leurs crèches même s’il manque du personnel.