Troubles visuels de l'enfant : comment réagir au plus vite ?

37 %
En France, 20,48% des enfants de 0 à 18 ans et 37% des adultes sont
myopes.

La Journée Mondiale de l'Orthoptie, le 6 juin 2022, a été créée pour faire mieux connaître le rôle essentiel des orthoptistes.

Que font-ils ? et en quoi leur action complète-t-elle celle des ophtalmologistes et des opticiens ? Un ophtalmologiste soigne les yeux et prescrit éventuellement des lunettes que l’opticien fournira et adaptera au patient. L’orthoptiste, classiquement, intervenait sur prescription de l’ophtalmologiste pour la rééducation, la compensation, la réadaptation de la fonction visuelle.

Toutefois, le manque d’ophtalmologistes, les délais importants pour obtenir un rendez-vous, et en parallèle la médecine scolaire débordée et en sous-effectif ont conduit à élargir le rôle de l’orthoptiste.

Aujourd’hui, les prérogatives des orthoptistes incluent aussi le dépistage et l’évaluation clinique des fonctions visuelles afin que soient détectés les possibles signes des troubles ou handicaps qui affecteraient le bon développement de l’enfant.

C’est particulièrement nécessaire car l’on sait qu’en France, aujourd’hui, 1 enfant sur 6 de moins de 6 ans est atteint d’une anomalie visuelle. Les orthoptistes organisent donc des dépistages dans les écoles pour évaluer l’acuité visuelle en vision de près et de loin, vérifier la vision des couleurs, et détecter des troubles de la vision avec des tests adaptés.

Que faire pour votre enfant ?

Les parents peuvent, eux aussi, détecter un trouble de la vue chez leur enfant en pratiquant des tests simples, en parler avec l’enseignant et ainsi prendre rendez-vous avec l’orthoptiste ou l’ophtalmologiste en indiquant les signes à contrôler.

A quoi faire attention ?

Avant 6 ans, des troubles graves comme le strabisme (défaut de convergence qui se traduit par la déviation d’un oeil) et l’amblyopie (différence d’acuité visuelle entre les deux yeux) peuvent encore être complètement corrigés.

Si le nourrisson a le regard fixe (une incapacité à suivre un mouvement des yeux), qu’il cligne beaucoup des yeux, qu’il louche ou encore penche anormalement la tête, cela peut être le signe d’un défaut de la vision.

Chez l’enfant plus grand, ce sont les troubles de la réfraction auxquels il faut être attentif : hypermétropie, astigmatisme et myopie ; cette dernière pouvant apparaître avec le travail scolaire ou par manque de lumière naturelle, souvent lié à une utilisation plus fréquente des écrans.

Dès l’âge de 4 ans, si l’enfant a des maux de tête, plisse les yeux pour regarder de près ou de loin, est souvent ébloui ou encore confond les lettres qui se ressemblent, il peut être atteint d’un trouble de la réfraction.

Il existe plusieurs tests simples, réalisables à la maison, qui permettent de savoir si la vue de l’enfant présente une anomalie. Par exemple, lorsque l’enfant fixe un objet, il suffit de cacher un oeil, puis l’autre, et de recommencer le geste plusieurs fois pour vérifier s’il se plaint davantage lorsqu’un des yeux est caché. On peut aussi détecter un strabisme en prenant une photo de face avec un flash et voir si les reflets dans la pupille ne sont pas symétriques. Si c’est le cas, consulter sans tarder est un impératif.

PlanVue, un programme qui confirme la nécessité de dépister l’enfant jeune

En s’appuyant sur son expérience internationale, l’association humanitaire Helen Keller Europe a mis en place un programme unique en France : PlanVue. Celui-ci s’appuie sur l’implication des parents et la place de l’école comme lieu majeur de prévention et de promotion de la santé.

Depuis sa création en 2018, plus de 4 000 élèves dans 20 écoles de Nanterre et leurs familles ont bénéficié du programme, qui se décompose en plusieurs étapes : sensibilisation à l’importance de la vue, dépistage par des orthoptistes à l’école, et accompagnement vers le soin. De nombreux parents ont également été sensibilisés et outillés, et depuis la crise sanitaire du Covid-19 des programmes digitaux ont été mis au point afin de toucher plus d’enfants scolarisés.

L’enseignement le plus spectaculaire qu’a déjà apporté Plan Vue : plus d’un enfant sur 3 (38%) a dû être orienté vers un ophtalmologiste à l’issue de ces différents tests, et plus de 80% des enfants vus en consultation par le biais de PlanVue dû être équipés de lunettes ou orientés vers des soins complémentaires. Un chiffre que personne ne soupçonnait, pas même les experts ophtalmologistes qui encadrent ce programme.

ENFIN, un conseil utile pour tous : faites jouer les enfants dehors, la lumière naturelle est essentielle au bon développement des yeux et de la vue.