Douane : les trafics ne baissent pas, les saisies non plus

15,1 %
Sur la contrebande du tabac, le nombre d'infractions constatées est en
hausse de 15,1% en 2018.

La contrebande de produits contrefaits et illicites ne semble pas reculer, à en juger par le bilan 2018 des Douanes. Les saisies de stupéfiants sont en hausse de 47,3%, tandis que celles de tabac augmentent de 15,1%.

Les saisies de stupéfiants ont augmenté de 47,3% en 2018

Si évaluer l’ampleur des trafics est notoirement difficile voire impossible (selon l’OCDE, les produits de contrebande représentent jusqu’à 2,5% des importations dans le monde), les statistiques des saisies douanières permettent tout du moins d’avoir une idée de l’ampleur de leur répression. Le « cru » 2018 a été particulièrement bon les saisies de stupéfiants (+47,3% sur un an, soit 97,4 tonnes), avec une progression tant sur la cocaïne (+32,6%) que sur le cannabis (+38,6%). S’y ajoutent 49,1 tonnes de drogues saisies à l’étranger sur renseignement de la douane française (+45,3% sur un an).

S’agissant de la lutte contre le tabac contrefait, dont le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a voulu faire la priorité pour la Douane, le volume des saisies n’a augmenté que très légèrement (+1,2% sur un an). En revanche, le nombre d’infractions constatées est en hausse de 15,1%. En d’autres mots, la Douane décèle et sanctionne davantage les trafics de petites quantités.

Produits contrefaits : une perte de 6773 millions d’euros par an pour les fabricants européens

S’agissant des produits contrefaits, en 2018 la Douane a saisi 830 000 faux jeux et jouets, 500 000 produits de soin corporel et autant de vêtements. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg : « l’achat de contrefaçons s’effectue désormais majoritairement sur Internet, directement par les consommateurs finaux », rappelle L’Union des Fabricants (Unifab). C’est une transformation majeure car avant l’essor de l’e-commerce, les produits contrefaits transitaient chez des grossistes, qui étaient livrés par conteneurs, et qui les redistribuaient au niveau national via des réseaux de ventes diversifiés (à la sauvette, sur les marchés, chez les discounters, via les comités d’entreprises…).

Au-delà de la sécurité des consommateurs, la contrefaçon est une menace pour les fabricants, dont les ventes souffrent énormément du trafic de faux. Selon une estimation de l’Observatoire européen de l’EUIPO, les pertes dues à la contrefaçon représentent chaque année plus de 35 000 emplois et 6773 millions d’euros.