Masques anti-Covid : quatre ONG alertent sur la toxicité de certains modèles

600 millions
L'entreprise Shengquan qui fabrique ces masques en a exporté près de
600 millions en Europe en un an.

Selon quatre ONG, les masques anti-Covid qui contiennent du graphène, un nanomatériau aux propriétés antivirales et antibactériennes sont « potentiellement toxiques ». Au Canada, on les a retirés du marché mais ils sont toujours vendus en France et en Europe.

Des masques « potentiellement toxiques » à cause du graphène qu’ils contiennent

Alors que le masque artisanal est interdit dans certains endroits, c’est désormais au tour du masque FFP2 de se retrouver sur la sellette. En effet, ETC Group, Center for International Environmental Law (CIEL), Health Care Without Harm et Women Engage for a Common Future ; quatre ONG spécialisées dans les questions de santé environnementale, ont lancé une communication destinée à alerter le public. C’est à partir de la Une du Bild, le quotidien le plus vendu en Allemagne, sur laquelle l’on aperçoit la présidente de la Commission européenne que David Azoulay, responsable au sein du CIEL, lance l’alerte. « La présidente Ursula von der Leyen sait-elle seulement ce qu'elle a inhalé ? ». Et pour cause, elle porte un masque FFP2 qui contient du graphène, un nanomatériau (matériau constitué de minuscules particules) qui aurait des propriétés antivirales et antibactériennes.  

Selon les ONG, les masques contenant du graphène et qui sont vendus en France ainsi qu’en Europe, sont « potentiellement toxiques ». Certaines personnes qui les utilisent peuvent ressentir des difficultés respiratoires, avoir l’impression de respirer des poils d’animaux, ou se retrouver avec des irritations de la peau. Au Canada, le gouvernement a fait rappeler des millions de masques de ce type fin mars et le ministère de la Santé « conseille aux Canadiens de ne pas porter de masques contenant du graphène, car ils pourraient inhaler des particules de graphène, ce qui peut présenter des risques pour la santé ».

Le Canada a retiré du marché les masques contenant du graphène

Selon Elisabeth Ruffinengo, juriste pour l’ONG Women Engage for a Common Future, « On ne remet pas en question la nécessité de porter le masque. C’est juste dommage qu’en voulant protéger les individus du Covid, on crée une potentielle autre exposition dangereuse », rapporte LCI. « Si la plus haute autorité de santé au Canada a pris cette décision, il est normal que l’Europe se pose des questions ». 

Santé Canada explique que « le Ministère n’aura pas effectué une analyse scientifique approfondie et établi la sécurité et l’efficacité des masques contenant du graphène, il agira selon le principe de précaution : les retirer du marché tout en continuant à recueillir et à évaluer les données ». Un principe de précaution qui n’a pas encore été mis en place en France. Dans le doute, mieux vaut donc porter des masques chirurgicaux ou en tissu de catégorie 2 (UNS2) qui filtrent 70% des particules.