Le sucre, une arme contre le coronavirus ?

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Le coronavirus a déjà fait plus de 360 morts en Chine.

Des chercheurs de l’Université de Genève, de l'EPFL (École polytechnique Fédérale de Lausanne) et de l’Université de Manchester ont annoncé la mise au point d’un traitement révolutionnaire à base de sucre. Il serait en mesure de soigner les épidémies virales, dont le coronavirus.

Un traitement non toxique auquel les virus ne résistent pas

Ce n’est pas encore la psychose mais ça pourrait bientôt l’être. Alors que le coronavirus 2019-nCoV a fait plus de 360 morts en Chine et que l’épidémie se propage à vitesse grand V, l’on réfléchit à des traitements qui permettraient d’enrayer la maladie. Publiée dans la revue Science Advances, le 29 janvier 2020 -veille de l’annonce de l’Oms qui a qualifié l’épidémie d’urgence sanitaire mondiale- une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Genève, de l'EPFL et de l’Université de Manchester a annoncé la mise au point d’un traitement révolutionnaire.

Pour mettre au point ce médicament, les chercheurs ont dû contourner deux obstacles de taille. Trouver un virucide, c’est-à-dire un produit capable de tuer les virus, qui ne soit pas dangereux pour le corps humain, comme c’est le cas pour l’eau de Javel. Et mettre au point un traitement qui n’entraine pas de résistance, comme c’est le cas pour les anti-viraux.

Un dérivé du sucre pour traiter le coronavirus ?

Défi relevé. Pour ce faire, les chercheurs ont eu recours à un dérivé naturel du glucose, le cyclodextrine. Cette molécule issue du sucre n’est pas toxique pour le corps humain et est déjà utilisée en tant qu’additif alimentaire. Les scientifiques l'ont donc modifiée et sont ensuite « parvenus à détruire, par simple contact, de nombreux virus, et notamment ceux responsables d’infections respiratoires et d’infections herpétiques ».

Selon l’EPFL, « ce mécanisme semble se vérifier quel que soit le virus concerné ». Un brevet a d’ailleurs été déposé. « Si nous réussissons ce passage à des applications concrètes, nos travaux pourraient avoir un impact global. Notre composé pourrait également être efficace contre de nouveaux virus émergents tels que le récent coronavirus qui suscite actuellement des inquiétudes en Chine » ont assuré les auteurs de l’étude.

Perrine de Robien

Journaliste spécialisée dans la santé et l'économie.