Réforme de la santé : à quoi doivent s'attendre les patients ?

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500 à 600 hôpitaux de proximité seront ouverts dans les prochaines
années en France.

Baisse du « poids » de la tarification à l’activité dans la rémunération des hôpitaux, création de communautés de professionnels de santé et d’hôpitaux de proximité, du statut d’« infirmière de pratique avancée »… : tour d’horizon des annonces d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé.

De nouvelles mesures contre les déserts médicaux

Big bang pour le secteur de la santé ! Dans un entretien sur BFM TV, Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a dévoilé les grandes lignes de sa réforme. Et effectivement, beaucoup va changer !

Serpent des mers du système français de soins, les déserts médicaux sont à nouveau dans le viseur du ministère. Cette fois-ci, il s’agit de créer 2 000 « communautés de professionnels de santé ». En clair, l’État incitera les médecins de ville à se regrouper afin de proposer, dans un même local, des consultations en continu afin de garantir à chacun, même dans les petites communes, d’être pris en charge à toute heure de la journée et sans rendez-vous. Dans le même souci de rapprocher les professionnels de santé de leurs patients, 500 à 600 hôpitaux de proximité seront ouverts, afin d’y dispenser des soins programmés (réadaptation après accident, prise en charge de maladies chroniques, service de gériatrie…), a annoncé Agnès Buzyn.

Libérer du « temps médical » aux médecins comme alternative au recrutement

Autre volet de la réforme : libérer du « temps médical » aux médecins. Pour Agnès Buzyn, cette piste constitue une alternative à un recrutement en masse de médecins prôné par certains. À la place, 4 000 assistants médicaux devraient être recrutés dans les cabinets pour travailler aux côtés des médecins pour prendre la température, remplir des ordonnances etc. Dans la même veine, des postes d’« infirmières de pratique avancée » seront créés dans les hôpitaux, afin de libérer les médecins d’une partie des tâches redondantes qu’ils ne peuvent pas déléguer aux infirmières actuellement. L’accès à ce nouveau métier se fera par un master dédié. Quant aux vaccinations contre la grippe, davantage de pharmaciens devraient bientôt pouvoir y procéder.

Bouffée d’air enfin pour l’hôpital : la tarification à l’activité, très décriée car elle incite à réaliser des actes inutiles et privilégie la quantité sur la qualité, ne sera plus déterminante dans le financement des hôpitaux. Son « poids » sera réduit à 50%. « Il convient de bien payer les gens qui décident de ne pas faire un acte. Car aujourd’hui, celui qui décide de ne pas opérer est pénalisé par rapport à celui qui décide d’opérer, alors qu’objectivement on peut encore attendre quelques années », a expliqué Agnès Buzyn au micro de BFM TV.