Les ménages français ont perdu 400 euros de pouvoir d'achat entre 2008 et 2016

450 euros
Le revenu disponible des ménages les plus modestes a augmenté de 450
euros annuels entre 2008 et 2016.

Les différentes réformes socio-fiscales opérées entre 2008 et 2016 ont ôté 400 euros par an en moyenne au budget familial des Français, même si le revenu disponible des plus modestes s’est accru, révèle l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) dans une étude.

Le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes a augmenté de 5%

Cotisations, impôts, prestations… : quel impact ont eu sur votre porte-monnaie les différentes réformes intervenues entre 2008 et 2016 ? Les spécialistes de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) ont un élément de réponse. Selon une étude qu’ils viennent de publier, sur cette période le revenu disponible des ménages français a baissé de 1,1%. Si toutes ces réformes n’avaient pas été entreprises, il aurait pu au contraire augmenter de 1,4%.

Mais attention, comme toujours avec les statistiques, une moyenne cache forcément des disparités, et la diversité des situations est plus grande que l’on croit. En effet, le revenu disponible des 5% des ménages les plus modestes a augmenté en moyenne de 450 euros (+3,9%). Ces ménages ont principalement bénéficié de revalorisations des minima sociaux supérieures à l’inflation (+210 euros par ménage) et du renforcement des dispositifs d’aide aux actifs à bas revenu (+230 euros). Ils ont également bénéficié des revalorisations de prestations familiales pour un montant moyen de 80 euros.

Les plus aisés ont encaissé l’essentiel de la hausse des prélèvements

Pour les ménages les plus aisés, les réformes se sont au contraire traduites par une baisse du revenu disponible. Ainsi, les 5% des ménages les plus aisés ont vu leur revenu disponible annuel diminuer de 5 640 euros sous l’effet des mesures nouvelles concernant les prélèvements (hausse des cotisations sociales, création d’une tranche d’impôt sur le revenu à 45%, imposition au barème de l’IR des revenus du capital etc). « Les ménages les plus aisés ont subi les hausses les plus importantes de prélèvements après la crise », rappellent les auteurs de l’étude.

Mais cette évolution du revenu disponible ne tient pas uniquement aux réformes. Entre 2008 et 2016, c’est aussi la structure des ménages elle-même qui a changé. L’augmentation de la part des personnes seules et des familles monoparentales a fait baisser la taille des ménages et a multiplié leur nombre, d’où également un moindre revenu par ménage.