Le Nutri-Score ne pénalise pas les produits régionaux, n'en déplaise aux lobbys

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26% des produits régionaux français ont un nutri-score A.

Le Nutri-Score est devenu un outil majeur pour les ménages lors du choix de leur alimentation. Il est simple et efficace, avec son échelle à cinq niveaux, notés de A (le meilleur) à E (le pire) et, surtout, son code couleur. Mais certains lobbys des produits régionaux n’en veulent pas : ils jugent qu'il les pénalise, leurs produits étant mal notés. L’UFC-Que Choisir vient de les contredire.

Les produits régionaux obtiennent de bons scores

Alors que certains producteurs aimeraient ne pas avoir à afficher le Nutri-Score de leurs produits, surtout s’ils sont très gras, très salés ou très sucrés, l’UFC-Que Choisir a publié, mardi 10 mai 2022, une étude qui vient balayer leur argument principal. Les producteurs de produits régionaux se disaient en effet pénalisés par cette notation.

Selon l’UFC-Que Choisir, ce n’est pas le cas. L’association de défense des consommateurs a en effet pris 588 produits régionaux dans toute la France et analysé leur Nutri-Score. Résultat : plus d’un quart (26%) est noté A et deux-tiers obtiennent une des trois meilleures notes. Il n’est donc pas vrai que le Nutri-Score pénalise les produits régionaux. Selon l’UFC-Que Choisir, cela dépend en effet du panel de produits qui est sélectionné.

Les fromages pénalisés par leur teneur en gras et sel

La question du Nutri-Score et de sa pertinence pour les produits régionaux a été soulevée par le lobby des fromages. Ces derniers, très gras et très salés par essence, reçoivent en effet des notes plutôt dans le bas de l’échelle du Nutri-Score. 90% des fromages seraient ainsi mal notés.

Néanmoins, comme le rappelle l’association, le Nutri-Score n’implique pas une interdiction de vente ou d’achat pour les produits mal notés, qu’ils soient, par ailleurs, industriels, artisanaux ou régionaux. Le Nutri-Score n’est qu’un indicateur pour que le consommateur mange mieux et réduise sa consommation de produits mal notés pour privilégier les produits ayant une forte valeur nutritionnelle.

Une nécessité de santé publique qui est revenue sur le devant de la scène début mai 2022 avec le dernier rapport de l’OMS sur l’obésité : près d’un adulte sur quatre en Europe est désormais obèse, une situation qui a fortement empiré depuis la crise de la Covid-19.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

 

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