Médicaments anticancéreux : les prix sont-ils justifiés ?

100000 EUROS
Keytruda, un médicament contre le cancer de la peau, estimé à plus de
100 000 € par an et par patient.

Selon la Ligue contre le cancer, les prix des traitements anticancéreux ne cesseraient d’augmenter depuis des années jusqu’à devenir « exorbitants ». Mais qui fixe les prix et comment freiner cette progression ?

Une pétition de la Ligue contre le cancer

Jeudi 7 avril, la Ligue contre le cancer lançait une pétition pour dénoncer le prix « exorbitant » des traitements contre le cancer et faire pression sur les dirigeants français. Selon l’association, en 2015, le coût global de la prise en charge des traitements anticancéreux a représenté environ 10 % des dépenses de l'Assurance maladie, contre 6,6 % en 2007.

« Le risque, c'est que l'Assurance maladie ne puisse plus suivre, et que tout le monde ne puisse pas avoir accès aux médicaments les plus innovants », a alerté Emmanuel Jammes, délégué à la mission société et politiques de santé. « Et ça, pour les malades, c'est inacceptable ».

Pour bien comprendre les enjeux, la Ligue contre le cancer prend l’exemple du Keytruda, un nouveau médicament contre le cancer de la peau, dont le coût est estimé à plus de 100 000 € par an et par patient.

Quelles solutions ?

Alors que le chef de l'État a fait savoir son intention de saisir le G7, au Japon, en mai, pour « faire pression » collectivement sur l'industrie pharmaceutique, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a estimé qu’il fallait trouver un compromis « qui soit supportable pour la Sécurité sociale » et qui « garantisse le retour sur investissements des industriels ».

Pour sa défense, les laboratoires pharmaceutiques expliquent que le lancement d’une nouvelle molécule coûte extrêmement cher : autour d’un milliard d’euros. Un argument qui ne semble pas convaincre la communauté scientifique dans son ensemble : le professeur Vernant, professeur d’hématologie, notamment, a dénoncé « des profits indécents ». Selon certains chiffres, la rentabilité des laboratoires serait en moyenne autour de 20 %.

Marine Tertrais

Marine Tertrais est journaliste à Economie Matin depuis 2015, après être passée successivement par Jol Press, et Atlantico.