Le confinement, miroir des inégalités

39 %
39 % des femmes partagent leur espace de travail avec leurs enfants ou
d'autres membres du ménage.

Qu’est-ce que le confinement a changé pour les Français ? Les éléments de réponse se trouvent dans une enquête réalisée par internet du 30 avril au 4 mai 2020 auprès d’un échantillon de 2.003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Elle traite divers aspects : conditions de logement, travail, enfants, continuité pédagogique, etc.

Écarts sociaux et conséquences plus fortes chez les femmes et les jeunes

Un enquête récente réalisée par l’Ined en partenariat avec le consortium COCONEL (COronavirus et CONfinement Enquête Longitudinale) révèle que le confinement a accentué les écarts sociaux. Une des principales inégalités concerne le logement. Alors que 15% des Français possèdent un ou plusieurs autres logements en dehors de leur résidence principale d’autres vivent dans des surfaces bien plus petites que la moyenne qui s’élève à 48 m2 /personne. « Un ménage sur dix vit dans un logement surpeuplé pendant le confinement. 11 % ne possèdent aucun espace extérieur (jardin privatif ou partagé, cour, balcon, loggia…) ».

Les femmes et les jeunes sont les plus affectés par les conséquences de la pandémie. Ainsi, 39 % des femmes « partagent leur espace de travail avec leurs enfants ou d’autres membres du ménage, contre 24 % des hommes ». Quant aux 18-24 ans, un tiers ont quitté leur logement pour rentrer chez un parent ou un proche pendant le confinement et 39 % déclarent avoir subi une baisse de revenus. Par ailleurs, « 44 % des jeunes se sentent isolés, un taux qui a quasiment doublé par rapport à la situation qui précédait le confinement » analyse l’enquête.

Un impact sur les revenus, le travail et la famille

La pandémie et le confinement ont eu un fort impact économique. Près d'un tiers des sondés déclarent une chute des revenus de leur ménage, un quart craignent des difficultés pour payer leur logement dans les douze prochains mois et 7 % redoutent de perdre leur logement. « Certaines professions (artisans et commerçants, ouvriers) et les ménages aux revenus modestes sont particulièrement touchés ». Concernant le travail, 58% des actifs qui avaient un emploi avant le début du confinement travaillaient encore à la 7e semaine de confinement. « La surcharge professionnelle et familiale a induit une dégradation des relations entre parents et enfants ». Ainsi, 18 % des sondés en télétravail déclarent une dégradation des relations avec leurs enfants depuis le début du confinement.

Fait surprenant, « malgré des conditions de logement moins favorables en moyenne, les ouvriers et les employés sont plus nombreux que les cadres à avoir déclaré une amélioration des relations avec leurs enfants depuis le début du confinement ». Et pour cause, beaucoup ont vu leur activité professionnelle s’arrêter. « Ainsi, la pandémie a d’abord constitué une crise sanitaire : mais elle constitue aujourd’hui également une crise sociale majeure, en ayant accentué toutes les inégalités de classes sociales, de sexe et de générations » conclut l’enquête.