Cinéma : le calendrier de sorties pourra être discuté par les professionnels

30 %
En 2020, la fréquentation des cinémas était équivalente à 30% de celle
de 2019.

D'ordinaire empêché par l'Autorité de la concurrence, il sera exceptionnellement permis aux distributeurs de se concerter sur le calendrier des sorties de films mais à certaines conditions.

Ouverture des cinémas mi-mai

La mi-mai est synonyme d'espoir pour les professionnels du cinéma qui espèrent que les salles obscures pourront enfin rouvrir. Cependant, qui dit réouverture dit calendrier de sortie des films et ces derniers s'entassent en attendant de pouvoir sortir en salle. Pour éviter un embouteillage de grande ampleur et face à la demande de Laurence Franceschini, médiatrice du cinéma, l'Autorité de la concurrence va autoriser les distributeurs à s'entendre sur le calendrier de sortie des films mais sous certaines conditions.

Isabelle de Silva, présidente de l'Autorité, précise que cette mesure est exceptionnelle : « Le contexte de crise peut autoriser un accord entre des concurrents, ce qui est normalement interdit ». Une crise qui porte le stock de films en attente de diffusion à 400, selon le Centre national du cinéma et de l'image animée. Pour pouvoir sortir l'ensemble du stock, sans risquer de nouveaux retards de sortie avec les films actuellement en production, il faudrait faire grimper le nombre de sorties hebdomadaires de 14 en moyenne à 50 ou 60.

Une entente temporaire et exceptionnelle

L'entente entre les distributeurs pour le calendrier de sortie des films, reste une mesure exceptionnelle et surtout temporaire. Cette dérogation s'accompagne de certaines conditions que l'Autorité de la concurrence contrôlera pour vérifier la bonne application de la mesure dérogatoire. Ainsi, « une partie substantielle de l'activité de distribution de films » devra être préservée par les distributeurs dans leur accord, c'est-à-dire le nombre de copies, les différents horaires de séances mais aussi la durée d'exposition des films.

Les professionnels visés par la mesure doivent maintenant s'entendre sur un protocole d'accord qui devra être ensuite présenté à l'Autorité de la concurrence par voie de saisie. Cette dernière doit valider les propositions et vérifier que les conditions fixées ont été respectées. Bien entendu, les distributeurs ne le souhaitant pas ne sont en aucune manière obligés de participer à cette alliance.