Scandale Cambridge Analytica : le parlement britannique saisit des documents clés

3,3 millions de dollars
Selon les informations communiquées par la firme elle-même, au premier
trimestre 2018 Facebook a payé son lobbying 3,3 millions de dollars.

Six mois après les face-à-face de Mark Zuckerberg avec le Congrès américain et le Parlement européen, les pouvoirs publics à travers le monde restent déterminés à faire toute la lumière sur l’affaire Cambridge Analytica. Dans le cadre d’une procédure rarissime, le parlement britannique vient de procéder à la saisie de documents internes à Facebook après que Mark Zuckerberg a refusé de rencontrer une coalition internationale de parlementaires.

La correspondance de Mark Zuckerberg est désormais entre les mains des élus

Mark Zuckerberg espérait bien que son audience devant le Congrès américain en avril 2018 serait la dernière de ce type. Mais aux quatre coins du monde, les élus ont leurs propres questions à poser au fondateur et PDG de Facebook. Bien conscients de l’emploi du temps chargé de Mark Zuckerberg, des parlementaires britanniques, irlandais, australiens, argentins, brésiliens, singapouriens et lettons avaient invité Mark Zuckerberg à les rencontrer sur une seule journée au sein du parlement britannique… une invitation aussitôt déclinée par celui qui avait déjà dû passer des heures à répondre aux questions de parlementaires américains, pour qui Facebook s’apparente à un monde inconnu.

C’est ainsi que ces parlementaires ont décidé d’actionner un levier exceptionnel en procédant à la saisie d’un nombre de documents internes à Facebook. Selon les informations du journal The Guardian, ces documents contiendraient des informations sur les décisions que Facebook avait prises concernant la gestion des données personnelles des utilisateurs. On y trouverait notamment des échanges de mails entre des cadres de Facebook et Mark Zuckerberg.

La direction de Facebook n'estimerait pas nécessaire d'engager une transformation en profondeur

Interrogé par la NBC, Damian Collins, le député britannique à l’origine de cette coalition internationale de parlementaires, estime que le refus de Mark Zuckerberg de venir les rencontrer signifie que le patron de Facebook « a quelque chose à cacher, il est inquiet que nous puissions accéder à cette information et conscient que les questions que nous lui poserions le mettraient dans une position difficile ». « Il fait exprès d’éviter ce type d’examen public », a-t-il poursuivi.

Au sein de Facebook, le son de cloche serait néanmoins très différent. Selon les sources de la NBC, Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook, estiment que l’image négative de Facebook est le résultat d’un problème de relations publiques dû à une stratégie de communication insuffisamment réfléchie et une couverture médiatique négative, plutôt que des défaillances structurelles qui nécessiterait une réorientation.