Dépense publique : France Stratégie propose des pistes pour la réduire

20,1 %
Les retraites, aides sociales, subventions et aides à l'économie
représentent 20,1% des dépenses publiques en France.

La France reste le pays européen où les dépenses publiques sont les plus élevées : 56,5% de son PIB en 2017. Alors que 21 des 27 pays de l’Union européenne sont parvenus à réduire les leurs ces vingt dernières années, le think-tank France Stratégie propose trois scénarios possibles pour que la France puisse elle aussi le faire.

Le système redistributif pèse particulièrement lourd dans les dépenses publiques françaises

Les dépenses publiques représentent plus de la moitié du PIB en France, c’est un record absolu en Europe. Mais pourquoi sont-elles si élevées ? Dans une note d’analyse sur le sujet, Fabrice Lenglart et Christophe Gouardo du think-tank France Stratégie rappellent que cette réalité est tout d’abord la conséquence de l’importance du système redistributif dans notre pays. En effet, les retraites, aides sociales, subventions et aides à l'économie représentent 20,1% des dépenses publiques en France.

La mauvaise nouvelle, c’est que ces dépenses sont difficiles à diminuer à moyen terme. Au premier chef, les retraites (qui représentent la moitié de la hausse des dépenses publiques en volume depuis 2009). En effet, depuis 2009 le nombre des plus de 60 ans a augmenté de 2 millions. Mais il ne faut pas oublier que même si ces dépenses sont élevées (+1 point de PIB par rapport à la moyenne européenne), elles se traduisent par un impact sociétal positif, car elles permettent de contenir le taux de pauvreté des 0-64 ans à 15%, contre 18% pour la moyenne européenne.

Réduire la dépense publique : l’ensemble des scénarios sont douloureux

Quels sont donc les scénarios proposés par France Stratégie pour réduire la dépense publique ? Si l’on vise une réduction de 3 points de PIB en 5 ans, on pourrait certes baisser les dépenses de soutien à l’économie et les dépenses des administrations centrales et locales à un niveau très au-dessous de la moyenne européenne. Mais cela impliquerait de diminuer les dépenses sociales et les dépenses régaliennes, ce qui est « peu réaliste », admettent les auteurs de la note d’analyse.

Dans un deuxième scénario, Fabrice Lenglart et Christophe Gouardo proposent de réduire sensiblement les dépenses de santé (hors hôpital public) en procédant à des déremboursements et en baissant la prise en charge des soins. Les prestations sociales seraient quant à elles préservées, et les dépenses d’éducation et de la défense connaîtraient même une légère progression.

Enfin, dans un troisième scénario, les spécialistes de France Stratégie proposent de faire des économies sur les retraites et les prestations sociales et lever le pied sur la transition écologique. De telles économies permettraient de préserver les dépenses d’éducation et de défense.