Des chauffeurs bannis d'Uber portent plainte contre l'application

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171 chauffeurs Uber ont été renvoyés de l'application.

Les chauffeurs accusent Uber d’avoir recours à des processus de sanctions entièrement automatisés et sans intervention humaine, ce qui est illégal.

171 chauffeurs VTC bannis de l’application Uber

La ligue des droits de l’homme (LDH) appelle la commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) à se saisir des tribunaux français pour porter Uber en Justice. L’application a banni 171 chauffeurs VTC après avoir envoyé à chacun « des messages automatiques et strictement identiques ».

Pour justifier ces déconnexions, l’application a invoqué soit « une violation de l’un des principes de la charte de la communauté Uber », soit « une anomalie ». On comprend que les chauffeurs ont été virés de l’application et ont donc perdu leur travail par un processus de sanction standardisée et sans intervention humaine, ce qui est en principe illégal. D’autant qu’il n’existe aucune voie directe pour contester ces sanctions.

Uber déjà condamné aux Pays-Bas pour les mêmes faits

Convaincu qu’il y a des déconnexions automatiques en chaîne, l’avocat de la LDH Jérôme Giusti formule une hypothèse : « Il y a eu l’ordonnance sur le dialogue social (qui prévoit des élections professionnelles dans le secteur pour 2022) et nous suspectons Uber de vouloir faire le ménage dans cette perspective ».

Le fait que l’application automatise les renvois est dangereux pour les droits des travailleurs : « Aujourd’hui, c’est un risque dans le domaine des droits sociaux qu’il y ait des ordinateurs qui traitent et prennent des décisions. L’une des plaintes rappelle que l’application avait été condamnée le 24 février dernier par le tribunal d’Amsterdam pour avoir procédé à des déconnexions automatisées ».