Covid-19 : les assureurs santé ont économisé, le gouvernement veut sa part

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Bercy s'attend à une récession de 11% en France en 2020.

La crise sanitaire de la Covid-19 a permis aux assurances de faire des économies d’échelle. Les assurances auto, notamment, ont vu leurs frais baisser… mais surtout les complémentaires santé du fait du confinement et d’une réticence, de la part des Français, à se faire soigner par peur de contracter le virus dans les cabinets médicaux et les hôpitaux surchargés. Le gouvernement en est conscient et voudrait bien une part du gâteau.

2,6 milliards d’euros d’économisés par les mutuelles

Alors que de nombreux médecins ont tiré et continuent de tirer la sonnette d’alarme concernant des maladies qui pourraient être passées inaperçues lors de la crise sanitaire, les assurances santé se frottent les mains : selon Les Echos, qui dévoilent également ce projet du gouvernement le 3 août 2020, elles auraient économisé près de 2,6 milliards d’euros en remboursements et prestations divers. Une somme liée à la Covid-19 : les magasins fermés, tout comme certains cabinets médicaux (comme les dentistes), ont réduit les sommes qu’elles ont remboursées.

De son côté, l’Assurance maladie a payé très cher la pandémie : le gouvernement estime à 31 milliards d’euros les pertes pour 2020. Pour le coup, la faute revient au chômage partiel : les entreprises ne payaient plus le salaire de leurs employés, et donc les cotisations sociales qui vont avec.

Quelles sommes et comment ?

Rien n’est encore décidé, souligne le journal Les Echos, qui estime possible une nouvelle taxe dont l’assiette serait la même que celle de la Taxe de Solidarité Additionnelle (TSA) qui est prélevée sut les contrats d’assurance-santé en France. Mais ce ne serait pas la seule piste étudiée par le gouvernement, les discussions avec les assureurs devraient être tranchées à la Rentrée 2020.

Pas d’informations, non plus, sur les sommes : le gouvernement n’a pas fait d’annonces, selon les informations du quotidien économique. Et les assureurs, par ailleurs, s’inquiètent d’un effet de « rattrapage » des soins comme les soins dentaires ou les lunettes : avec la réouverture des cabinets et des magasins, certains Français recommencent à se faire soigner.

Sans compter la crainte d’une augmentation d’autres maladies, à court et moyen terme, comme des maladies cardiaques passées inaperçues durant la crise de la Covid-19 et qui pourraient peser sur les comptes des assureurs dans les années à venir.

Vers une augmentation du prix des mutuelles ?

La dernière question est celle de l’impact de cette décision sur le prix des mutuelles : vont-elles augmenter pour faire face à la potentielle augmentation des frais médicaux des Français ?

Une question qui se pose alors que de plus en plus de malades de la Covid-19 semblent subir des conséquences de l’infection plus longues que prévues, comme des anomalies cardiaques et respiratoires qui, sans représenter un danger immédiat, nécessitent un suivi et pourraient entraîner des complications à l’avenir.


Santé Digest

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

 

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