Anti-poux : le traitement 100 % efficace existe... mais n'est pas autorisé

50 euros
Certaines familles dépensent jusqu'à 50 euros en produits anti-poux

Rien que le nom de pou vous provoque des démangeaisons et une puissante angoisse à l’idée de laisser quelques dizaines d’euros pour venir à bout de ces parasites qui s’invitent désormais à toutes saisons ? 30 euros par famille et par an en produits anti-poux… C’est le résultat d’une enquête dévoilée le 10 mars dernier par l’association Familles Rurales.

De très nombreuses marques se sont lancées dans le marché très lucratif des produits anti-poux. Mais ces parasites ont développé une résistance aux insecticides et l’élimination des poux est devenue une lutte longue, ruineuse, parfois toxique et souvent incertaine. Et pourtant, un traitement efficace, bon marché et non toxique existe !

Jusqu’à 50 euros pour se débarrasser des poux 

« Efficacité à 100 % », « satisfaits ou remboursés », « 100 % radical lentes et poux », « résultat cliniquement prouvé », « sans agent chimique »… Les marques ne manquent pas d’idées pour nous faire croire au miracle : la disparition en une seule application de ces parasites, qui pourrissent la vie de nos têtes blondes et de nos porte-monnaie… Une étude menée en 2015 par des chercheurs de l’Université de Tours révélait que 2 produits commercialisés sur 3 ne sont pas efficaces à 100 %.

L’association Familles rurales a mené une enquête auprès de 1 500 familles et ses conclusions viennent une fois encore de confirmer que non, les produits anti-poux vendus en pharmacie ne sont pas aussi efficaces qu’ils le prétendent… Une application ne suffit pas à exterminer les parasites ! Selon ses travaux, un tiers des familles interrogées dépense plus de 30 euros pour se débarrasser des poux, c’est-à-dire 3 fois plus que le prix moyen d’un traitement asphyxiants, et 9 % plus de 50 euros.

Selon Familles Rurales, le prix moyen d’une boîte de traitement s’élève à 10 euros, mais peut varier du simple au quintuple selon la localisation. Plutôt que de dépenser des sommes folles en produits en tout genre, l'association recommande aux familles de « s’orienter vers les traitements « asphyxiants » moins toxiques, moins polluants, moins chers et sans risque de résistance »

Le traitement anti-poux 100 % efficace existe bien mais n’est pas autorisé

Nous mettons là le doigt sur une situation ubuesque… Le Professeur Raoult s’est exprimé à ce sujet dans le magazine Le Point, en affirmant qu’un médicament efficace à 100 % pour éliminer les poux existe, est très efficace, sans danger et pas cher. Le traitement consiste en une prise unique en général, par voie orale, d’un antiparasitaire, l’ivermectine, dont le nombre de comprimés à avaler varie en fonction de l’âge et du poids. Il est commercialisé depuis 1981 pour traiter notamment la gale ou éliminer des parasites tropicaux. L’ivermectine agit comme neurotoxique contre le pou, qui l’absorbera en se nourrissant du sang de sa « victime » et s’intoxiquera. Même si certains médecins acceptent de le prescrire, rarement, dans des cas de forte infestation de poux, ce médicament n’a pas l’autorisation officielle pour cette indication.

En attendant qu’un jour, quelqu’un prenne enfin la décision (courageuse ?) d’ajouter à la liste des médicaments autorisés pour traiter les personnes infestées de poux l’ivermectine, démarche qui coûte cher, voici quelques conseils pour vous aider à vous en sortir sans y laisser un bras. L’oignon, le vinaigre blanc ou de cidre, le bicarbonate de soude, l’huile d’olive, l’huile de coco, l’huile essentielle d’arbre à thé et même la mayonnaise sont autant de solutions qui ne seront pas forcément plus efficaces, mais pas forcément moins non plus et vous éviteront l’utilisation de toutes sortes de produits chimiques et potentiellement toxiques. 

Quel que soit le traitement choisi pour éradiquer ces affreux parasites, l’outil indispensable à avoir dans son armoire à pharmacie est le peigne anti-pou, à passer tous les jours dans la chevelure afin de détacher les lentes qui resteront bien collées aux cheveux, même mortes. Bon courage !

Aurélie Giraud

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice sur de nombreux manuscrits de livres, dont ceux de son mari, Jean-Baptiste Giraud, puis secrétaire de rédaction.